À la dérive…

Nous titrions hier un article « Que tombent les masques ! », eh bien, le moribond « Parti “socialiste” » a dû nous lire : son premier secrétaire, Olivier Faure, a fait plus et mieux que tomber le masque. Interrogé par BFMTV, Olivier Faure a estimé que les forces de l’ordre devaient avoir un « droit de regard », sur les peines prononcées par la justice. Et ce, jusqu’aux « aménagements », selon ses mots(1). On apprend même que si les « socialistes » se sont battus contre les « peines plancher » à l’époque de leur mise en place par Sarkozy, ce n’est pas par principe démocratique mais… à cause de leur inefficacité !!! Mais Monsieur Faure nous accorde tout de même que l’on ne va pas « remplacer les juges par des policiers ».

Monsieur Faure n’a pas fait assez de droit et encore moins de philosophie politique, sinon il aurait appris que la police est le bras séculier du pouvoir exécutif qui, dans un état démocratique n’a pas à intervenir dans la justice. Cela s’appelle la séparation des pouvoirs, théorisée il y a un peu plus de 2300 ans par Platon(2) puis Aristote(3).

Mais peut-être, Monsieur Faure a-t-il aussi « oublié » ce qu’est un état démocratique. Le « Parti “socialiste” », par la voix de son premier secrétaire, emboîte donc le pas à Marine Le Pen et à Xavier Bertrand qui savent, eux aussi, pour leurs bénéfices électoraux, tourner le dos aux plus élémentaires règles de droit. Les peines « plancher » ? Elles sont, sous la forme proposée, parfaitement anticonstitutionnelles. De même que les peines « automatiques » !

Mais que ces deux représentants, l’un de la droite dite « républicaine », qui s’est d’ailleurs fait élire aux dernières régionales grâce au désistement du P“S”, et l’autre de l’extrême-droite la plus traditionnelle et historique, malgré sa politique de « dédiabolisation » du Front devenu Rassemblement National, proposent la mise en place de telles mesures n’a rien d’étonnant. Mais que le premier secrétaire d’un parti qui n’est certes plus de gauche depuis longtemps mais que l’on pouvait encore qualifier de temps en temps de « progressiste » là, ses propres électeurs peuvent s’interroger. Le feront-ils ou simplement partiront-ils ?

En ce qui nous concerne, nous ne pouvons que dénoncer ces dérives et dévoiements.

Philippe L.

(1) « Olivier Faure veut un “droit de regard” des policiers sur les décisions de justice » Huffingtonpost le 19 mai 2021, avec la vidéo de BFMTV.

(2) 428-348 avant notre ère ; « Le législateur ne doit pas constituer de pouvoirs qui ne s’équilibrent pas du fait de leur mélange. […] La totale liberté et l’indépendance à l’égard de toute autorité sont inférieures à une autorité que d’autres autorités limitent et mesurent. » Lois, III, 693b, 698b.

(3) 384-322 avant notre ère ; « Dans tout État, il est trois parties [en langage moderne : le Parlement, le Gouvernement, la Justice], dont le législateur, s’il est sage, s’occupera, par-dessus tout, à bien régler les intérêts. Ces trois parties une fois bien organisées, l’État tout entier est nécessairement bien organisé lui-même ; et les États ne peuvent différer réellement que par l’organisation différente de ces trois éléments »

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