Deux poids, deux mesures, comme d’habitude…

Emmanuel Macron agit : toujours dans le même sens.

D’un côté, un gouvernement « ami » demande l’extradition de gens qui ont renoncé à la violence, qui ont payé par l’exil, qui ont montré, ici, en France, leur intégration et même leur sens social, mais qui, quarante ans après, sont encore présentés comme des « terroristes », alors il faut les extrader(1).

D’un autre côté, un journaliste azéri demande la protection de la France… rien. Deux mois après avoir été poignardé en plein jour à Nantes, quai de la Fosse, le blogueur Mahammad Mirzali opposant au régime d’Azebaïdjan vit toujours cloîtré chez lui, sous les menaces(2). Après avoir échappé à deux tentatives de meurtre et de menaces de mort(3), Mahammad Mirzali vit dans la peur. Malgré tout, il ne veut pas se taire et continue de s’exprimer sur internet. L’ouverture de plusieurs enquêtes de police ne règle pas le problème de sa sécurité immédiate et quotidienne. Il ne sort plus de chez lui, sauf pour se rendre chez le médecin ou au commissariat. Il est soutenu par l’ONG Reporters sans Frontières, qui demande aux autorités une protection policière pour garantir la sécurité du journaliste. « Les autorités françaises ne semblent pas prendre la mesure de la gravité de cette attaque contre la liberté d’expression. On connaît les méthodes du régime de Bakou qui harcèle, kidnappe, fait taire toute voix critique même au-delà de ses frontières », alerte Jeanne Cavelier, responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale. En réaction, il tweete : « Je le sens. Bientôt, je serai tué par le régime d’Aliyev. Si je suis assassiné, il y aura deux parties à blâmer. Aliyev est le premier, bien sûr, et l’autre est l’indifférence du gouvernement français (…). Merci à tous ceux qui me soutiennent. »

Toujours de ce côté, Julian Assange attend toujours son jugement d’extradition (sur appel des États-Unis) du Royaume-Uni vers les États-Unis, dans une prison de haute sécurité du royaume(4), la pire possible, mais la France n’a toujours pas proposé de l’accueillir…

Quant à la République « France » elle se classe toujours 34ème (16ème de l’Union Européenne) au classement 2021 de Reporters sans frontières(5). Pas de progrès depuis un an…

Non, décidément, le « pays des Droits de l’Homme » n’est plus ce qu’il prétend encore être.

Philippe L.

(1) Notre article « Extraditions : faire plaisir aux droites » du 10 mai 2021

(2) Francetvinfo du 5 juin 2021

(3) France3 Régions du 9 avril 2021

(4) Julian Assange est actuellement maintenu en détention dans la prison de haute sécurité de Belmarsh, à l’est de Londres. Jusqu’alors toutes ses demandes de libération ont été refusées. Bien que son avocat, Edward Fitzgerald, ait assuré au cours de l’audience que son client, désormais protégé par la décision de la justice britannique qui, en première instance a refusé son extradition, ne présentait plus de risque de fuite. Il a ajouté qu’en raison de l’épidémie de Covid-19 au Royaume-Uni, sa détention en prison présentait un risque pour sa santé. La juge Baraitser n’a pas été convaincue par ces arguments, et a estimé que les conditions de détention du fondateur de WikiLeaks au Royaume-Uni étaient satisfaisantes. (Le Monde du 6 janvier 2021)

(5) Classement mondial de la liberté de la presse 2021 par Reporters sans frontières.

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